1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 06:30
Matamore au 104

Du 8 octobre au 02 novembre le 104 accueille ”Matamore“ cirque, arène, théâtre et musique, tout à la fois.

La recette de ce spectacle est extrêmement simple. Prenez deux compagnies aux univers bien dessinés : (Le Cirque Trottola et Le Petit Théâtre Baraque). Mélangez tout cela avec une bonne dose d’amitié. Faites couver sous un chapiteau aux allures d’arène : tout d’or et de rouge orné. Et voici Matamore ! Matamore ? Drôle de nom… Rien de fanfaron dans ce spectacle pourtant. Chacun des 5 artistes a su trouver sa place, faire ses petits tours de piste puis s’en aller pour qu’un autre apparaisse. Clowns blancs ou noirs, Hercule de foire dérisoires: tous ces personnages ont un petit air fatigué. Le colosse a beau bomber le torse, il fait penser à ces clochards qui balbutient et se soutiennent à peine dans nos rues. La piste est une arène plus animée qu’une plaza aux heures de presse. Tous y portent leur prouesse, jonglage ou équilibre, jeux de fouet ou de balai, grande phrase ou pépiement, au bénéfice commun. Ils sortent et rentrent de tiroirs comme diables en caisses, jouent sur les mots comme ils virevoltent dans les airs, changent d’échelle comme de visage tout en se cognant avec gravité à l’absence de portes. Ils paraissent cinq (Bonaventure, Branlotin, Mads, Nigloo, Titoune) ; ne sont-ils pas plutôt dix tant tout virevolte?

Matamore au 104

La musique faite de sons et de beaux airs qui embarquent et nous propulse dans un autre temps. La lumière laisse parfois dans l’ombre les visages ou les surexpose au contraire pour les laisser en pâture à nos regards. Matamore a parfois des allures d’hommage. On y sent un amour profond pour le cirque d’antan avec ses paillettes, ses petits chiens de spectacle pauvre, ses clowns, ses numéros. Mais on n’assiste pas pour autant à un spectacle de cirque traditionnel. Par exemple, les numéros s’enchaînent avec une drôle de temporalité comme ralentie, presque onirique. Matamore serait plutôt un cirque sorti d’un tableau de Chagall, de Seurat… d’un songe. On rit, on jubile, on applaudit et on n’en sort pas indifférent. Matamore, un spectacle unique, un ovni dont on sait dès le début qu’on ne comprendra pas, mais qu’on ressentira.

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 06:30
SIAM, un éléphant légendaire

Les médias se sont fait l’écho du succès rencontré auprès du grand public de la réhabilitation du zoo de Vincennes. Mais savez-vous qu’à l’intérieur un restaurant porte le nom de SIAM rappelant à certains qu’un éléphant portant ce nom a marqué à la fois l’histoire du cirque Knie, du cinéma, du zoo de Vincennes, et du Musée d’Histoire Naturelle de Paris. Mais revenons aujourd’hui sur l’histoire de ce pachyderme qui a vécu de 1945 à 1997 et qui a été père 14 fois.

Capturé éléphanteau dans la jungle pour être vendu sur le marché́ de Sonpur, lieu de vente à l’est de l’Inde des animaux sauvages, Siam est dressé pour devenir animal de labeur. Il commence son travail dans les forêts où dans une exploitation forestière il aide au transport des lourds troncs d’arbres. Mais en 1956 à onze ans, son destin va basculer. Rolf Knie (voir blog27/03/2011) le directeur du Cirque suisse, impressionné par la taille de l’animal, et à la recherche d’un éléphant mâle pour les douze femelles du cirque, l’achète. Un long voyage commence pour Siam qui le conduit de Calcutta à Zurich où son dressage pour le cirque commence, car il lui faut apprendre tous les éléments qui compose sa prestation sur la piste du cirque helvète où entre autres, il doit soulever un poney ou permettre à une ballerine de danser sur ses défenses… Et ainsi pendant 12 ans il sera de toutes les tournées du Cirque Knie. Mais comme tout éléphant mâle, Siam est taraudé par de vives pulsions sexuelles, ce qui le rend dangereux. En 1964 le cirque Knie le loue à Pierre Etaix, pour jouer dans son film Yoyo (voir blog20/01/2011) où il sera présent dans de nombreuses scènes de ce film. Puis après cet entr’acte cinématographique, il est vendu au zoo de Vincennes où son arrivée constitue en soi une attraction. Il fut le plus célèbre et le plus aimé des éléphants de Vincennes, très complice avec son soigneur. Le 24 septembre 1997 il meurt à 53 ans, et pour ne pas l’oublier le Muséum a décidé de le naturaliser et en 2001 il rejoint le Museum d'Histoire Naturelle de Paris en 2001, où actuellement il enrichit le cortège des animaux de la Grande Galerie de l'Evolution.

Si un jour vous allez vous promener au zoo de Vincennes, ne soyez donc pas surpris qu’un restaurant porte le nom d’un de ses plus illustres pensionnaires. Pensionnaire il faut bien le dire involontaire, car peut en lui-même Siam aurait préféré resté en liberté dans son Inde natale et finir ses jours peut être sous les balles d’un amateur de safari. Qui sait, personne ne peut le dire ?

SIAM, un éléphant légendaire

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 07:15

     Lors de la remise des prix du festival valdoisien, le cirque russe a ramassé la mise, en empochant   les 2 principales récompenses.

    Le jury a dercerné les trophées suivants :  

 

Prix du président de la république : Troupe Sokolov (Russie)

 

Coquelicot d'Or : Veronika Teslenko (Russie)

Coquelicot d’Argent: Trinh Tra My (Vietnam)

Coquelicot de Bronze : Sacha Houcke (France) & Le sémaphore des étoiles (Hongrie)

 

Prix du Club du Cirque : Veronika Teslenko (Russie)

Prix Bretagne Circus : Namayca Bauer (France)

Le palmarès du 15ème Festival International du cirque du Val d’OiseLe palmarès du 15ème Festival International du cirque du Val d’OiseLe palmarès du 15ème Festival International du cirque du Val d’OiseLe palmarès du 15ème Festival International du cirque du Val d’OiseLe palmarès du 15ème Festival International du cirque du Val d’Oise

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 10:01
Le programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de Marne

Après la journée du vendredi, plutôt réservé aux scolaires, la manifestation a vraiment commencé samedi, avec en première partie la présence des “Happy hands !” les élèves de l’école du cirque domontoise, car cette ville, en plus d’organiser un festival de renom possède une école de cirque qui permet aux enfants de s’initier ou de se perfectionner à l’acrobatie, à l’équilibre, à la jonglerie, au mime, au trapèze et même à l’art clownesque. Aussi à l’instar d’autres manifestations circassiennes, le festival de Domont permet aux meilleurs éléments de son école de fouler la piste en sciure. Néanmoins ce n’est pas par ce numéro, que commence la compétition, mais par les fauves présentés par Namayca Bauer, (Junior d’argent 2013). Et il faut beaucoup de fermeté et d’opiniâtreté à cette jeune femme de 19 ans pour faire travailler ses lionnes et son superbe lion blanc ”Apache“ plus décidé ce jour-là au farniente qu'à l'effort. Mais bon sang ne saurait mentir et la jeune héritière de la famille Bauer réalise avec beaucoup de volonté, de sang-froid et de ténacité un agréable numéro qui séduit le public domontois.

Le programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de MarneLe programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de MarneLe programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de MarneLe programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de MarneLe programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de MarneLe programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de Marne
Le programme du 15ème Festival International du Cirque du Val de Marne

Le Vietnam, cette année est la nation invitée et,ce pays de l’Asie du sud-est propose deux numéros de bonne facture. En première partie, équilibres avec épée aux tissus aériens proposés par Trinh Tra My. Cette brillante représentante de la nouvelle génération d’artistes vietnamiens fait passer des frissons dans le dos des spectateurs et montre grâce, élégance et de maîtrise dans la réalisation de ses équilibres. En seconde partie un numéro d’acrobatie sur patins présenté par deux couples de patineurs vietnamiens, montrent aussi toute l’étendue de leur talent en réalisant toutes les figures classiques d’une telle prestation.

Moments forts de ce festival, outre le numéro de Trinh Tra My déjà mentionné; Olga et Lazlo Simet associés à Diana Bakk Lazlo offrent un brillant Sémaphore des étoiles, prétexte à une invitation à l’évasion, un moment de beauté et de merveilleux avec un clin d’œil vers la conquête spatiale. Les organisateurs ne s’y sont pas trompés en leur octroyant cette année, la vedette dans leurs visuels pour leur communication.

Point d’orgue de cette la manifestation, la fabuleuse ou fantastique, les mots manquent en nommant la Troupe Sokolov (clown d’or 2014), qui propose à la bascule les acrobaties les plus folles, dont un triple sur échasse ou plus fort un triple réceptionné dans un fauteuil tenu à 12 m de hauteur, le tout mis en scène par Alexandre Grimailo, musique signée Mozart, un moment il faut le dire d’exception !

Le programme est complété par quelques noms célèbres Andrei Jigalov nous donne deux entrées comiques, Sacha Houcke nous propose de mains de maître sa cavalerie, le pickpocket Fred Razon fait les poches des spectateurs, et des cracheurs de feu (Los Alamos) dignes de foires d’antan sont ovationnés par le public. Ah ! une absence remarquée celle de l’autre clown d’or 2014 ”Desire of Flight“ remplacé aux sangles aériennes par la ravissante Veronika Teslenko, font pour cette quinzaine édition un programme qui fera date dans les annales du festival valdoisien du cirque.

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 06:30
Charlie Chaplin écrivain

On le savait prodigieux acteur, génial metteur en scène de cinéma, auteur de quelques films légendaires (voir blog03/07/2012), on vient de découvrir qu’à ses moments perdus Chaplin était également un écrivain de talent. Oh pas un auteur prolixe à la Simenon, non il n’a écrit qu’un ouvrage rédigé il y a plus de 60 ans et pas bien épais, une centaine de pages intitulé ”Footlights“. En 1948, année où sont rédigées cet écrit, le père de Charlot vit une année difficile. Harcelé par le FBI de J. Edgar Hoover qui voit en lui un communiste, accusé de déni de paternité par une jeune artiste et boudé par les critiques qui le pensent fini. Tous ces éléments sont à l'origine du soudain retournement de l'opinion publique à son égard et cela a été pour Chaplin un choc, lui qui avait été pendant plus de 30 ans l'un des hommes les plus aimé au monde. Ne sachant trop quoi faire il couche sur le papier sa déconvenue et son amertume, dans un récit largement autobiographique où il évoque le destin tragique du clown Calvero, le héros de son dernier film américain ”Les feux de la rampe“ (Limelight). Bien avant de devenir l'un des chefs-d'œuvre de la maturité artistique et cinématographique de Chaplin, et avant même d'exister comme scénario, l’histoire de ce clown alcoolique vieillissant et abandonné du public, avait été conçue sous forme d’un roman sombre sur la désillusion et le temps qui passe. Réflexion sur l’éphémère et la vieillesse, ”Footlights“ permet à Chaplin de poser un regard morose sur sa propre vie, au crépuscule de sa carrière artistique.

Charlie Chaplin écrivain

Resté pratiquement inconnu pendant plus de soixante ans, cette fiction n’était pas au départ destiné à être publiée. Et ce sont les membres de l’institut Cineteca di Bologna, en charge de la restauration des films du maître, et un de ses biographes, David Robinson, qui ont permis la publication de cet écrit. Notons aussi que c’est la première fois que la famille de l’acteur autorise la publication d’un travail non paru du temps de Chaplin. L’ouvrage est illustré à l’aide d’une grande richesse de documents inédits, d’images historiques du monde théâtral de la jeunesse de Chaplin et d’images de la collection privée de l'auteur. Paru dans un premier temps dans la langue de Shakespeare, les Editions du Seuil viennent de le publier bien entendu dans la langue de Molière, commémorant d’une façon originale le centième anniversaire du personnage de Charlot.

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 06:30
15ème Festival International du cirque du Val d’Oise

Comme chaque année Jean-Marie Etienne et son équipe de bénévole de l’association Cap Domont siffle le début de la saison francilienne des arts de la piste, en proposant dans sa bonne ville de Domont, du 26 au 28 septembre au Parc des Coquelicots, un festival de cirque qui en est cette année à sa 15ème édition. Cette manifestation s’est toujours donnée pour mission de séduire tous les spectateurs, petits ou grands, à travers des numéros représentant l’alliance de la tradition et de la modernité du cirque.

L’édition 2014 prévoit de présenter 11 numéros dont certains ont été primé à Monte-Carlo (voir blog13/01/2014) ou à Budapest (voir blog29/01/2014) dont le ”Sémaphore des Etoiles“, les troupes Sokolov, Los Alamos et ”Desire of Flight“ !

Cette année la nation invitée est le Vietnam, et les artistes vietnamiens présents proposeront des numéros très représentatifs des arts actuels du cirque de ce pays d’Asie du Sud- Est. On pourra ainsi applaudir la jeune Trinh Tra My dans son numéro d’équilibre avec épées et tissus aériens, ou la prestation ”d’Adagio on Roller Skating Boots“ et tous deux témoignent de la qualité artistique et de l’originalité de ce cirque lointain.

15ème Festival International du cirque du Val d’Oise

Côté nouveauté, à l’instar des grands festivals, Domont se dote dorénavant d’un symbole: le coquelicot rappelant à la fois le lieu où se déroule ce festival et le caractère éphémère d'un numéro, et crée son propre trophée en le déclinant en or, argent et bronze. N’oublions pas que cette manifestation est aussi une compétition où les meilleurs seront récompensés par ces prix remis sous la houlette bienveillante de son ”presentador“ ibérique, Genis Matabosh (voir blog31/03/2013).

De plus cette année du 20 septembre au 18 octobre à la médiathèque de Domont, une exposition intitulée ”de l’ombre des coulisses à l’or du Vietnam“, présentera non seulement le cirque vietnamien, mais aussi le cirque côté coulisses, ainsi qu’une rétrospective des précédentes éditions de festival de plus en plus prisé. Rappelons que la première édition en 2000 fut présentée sous un chapiteau de 300 places et la présente se déroulera sous les ors du chapiteau des Bouglione de 3000 places.

Mais qui mieux que le Président de ce Festival peut nous le présenter, aussi laissons la parole à Jean-Marie Etienne:

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 06:30
Fabuleuses affiches de cirque, (Fabulous circus posters)

Dominique L'encyclopédie vivante du cirque, ancien clown reconverti en auteur prolixe sur les arts de la piste, vient de faire paraître aux Editions Arts des 2 Mondes (voir blog19/12/2010) un livre racontant, en édition bilingue (français-anglais) l'histoire mondiale du cirque. Et pour illustrer ses propos, l'ancien fabuleux Frères Hermanos (voir blog13/06/2013) a eu l'excellente idée de rechercher dans la prodigieuse collection du docteur Frère (voir blog21/09/2011) 206 affiches, véritables trésors tant européens qu'américains, créées par les meilleurs artistes du genres qu'étaient Jules Chéret (voir blog27/12/2013), Pal, Florit, Gustave Sourit (voir blog15/01/2011) ou Antonin Magne (voir blog31/12/2011)... Ce recueil hors commerce de 160 pages sur papier luxe, couverture cartonnée nous propose des affiches souvent rares et pour certaines très peu connues.

Un livre qui ne dépaillera pas en aucun cas dans la bibliothèque d’un circophile averti !

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 06:30
Mais pourquoi la place et le square devant le Cirque d’Hiver de Paris se nomment-ils Pasdeloup ?

Située dans le quartier de la Folie-Méricourt du 11e arrondissement de Paris, la place Pasdeloup doit son nom à Jules Pasdeloup (1819-1881), compositeur et fondateur des Concerts populaires portant son nom. Rappelons qu’en 1861 ce musicien dirigeait tous les dimanches dans l’amphithéâtre du Cirque Napoléon (futur Cirque d’Hiver), des concerts populaires de musique classique destinée à un public jusqu'alors exclu des soirées musicales. Et en souvenir de ces dominicales musicales qui permirent à la population parisienne de connaître les œuvres des compositeurs de renom mais aussi celles de jeunes musiciens, trente-six ans plus tard le Conseil municipal de Paris donna le nom de Pasdeloup à la place située devant l’actuel Cirque d’Hiver-Bouglione. De nos jours sur cette place entièrement fermée on trouve un square localisé juste sur la droite du cirque, le long du boulevard des Filles-du-Calvaire. Au centre de ce square on peut voir une fontaine dite Dejean érigée en 1906 par l'architecte Jean Camille Formigé et le sculpteur Charles-Louis Malric. Ce nom de Dejean n’a rien à voir avec le patronyme de Louis Dejean, le fondateur des Cirques de l'Empereur et de l’Impératrice (voir blog20/11/2013), mais rappelle que l'architecte François-Eugène Dejean a fait don à la fin du XIX° siècle, aux parisiens de douze fontaines.

Comme quoi pour avoir une statue à son nom, il est préférable de donner à boire aux parisiens que d’offrir des spectacles !

Mais pourquoi la place et le square devant le Cirque d’Hiver de Paris se nomment-ils Pasdeloup ?Mais pourquoi la place et le square devant le Cirque d’Hiver de Paris se nomment-ils Pasdeloup ?Mais pourquoi la place et le square devant le Cirque d’Hiver de Paris se nomment-ils Pasdeloup ?

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 06:30
Togare, le magnifique dompteur au torse nu des années 30

Lors de la célèbre tournée du ”Medrano-Voyageur“ de 1935, un faux hindou et faux fils de la jungle en même temps, mais vrai dompteur allemand, en était la vedette, il se faisait appeler Togare et était habillement grimé et costumé en Hindou. Aujourd’hui totalement inconnu de la plupart de mes concitoyens ainsi que du net, mais du temps de sa gloire il faisait courir tout Paris, ainsi que d’autres capitales européennes, pour voir son numéro avec ses 9 tigres royaux en férocité mâtiné à certains moments de pelotage, mais revenons brièvement sur la carrière de ce maître en dressage. Selon sa légende Togar débuta fort jeune chez Krone (voir blog07/02/2011) puis alla travailler un long moment en Angleterre au cirque Carmo. Il fit aussi les beaux soirs du cirque Medrano où il présentait son numéro en réussissant quelques effets surprenants. Le point d’orge de son numéro se situait au moment où se tournant pour saluer le public, en même temps un grand tigre mâle bondissait comme une flèche sur lui, mais à la dernière seconde se couchait en rugissant à quelques centimètres derrière son dos. Tout le travail de Togare était basé il est vrai sur une exceptionnelle appréciation des distances, fauve-dompteur, et était accompli dans un style très personnel, au ralenti avec des rappels de férocité qui contrastaient violement avec le calme et la souple évolution de Togare au milieu de ses félins. Emotions et fascination garantis à chaque représentation !

Mais combien se souviennent encore de ce numéro, ils ne doivent pas être bien nombreux!

Togare, le magnifique dompteur au torse nu des années 30

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 06:30

En cette année du centenaire du déclenchement de la 1ère guerre mondiale, voyons comment les cirques ont survécu à cette sombre période.

Le cirque pendant la grande guerre

Lorsque l’on évoque ces temps incertains beaucoup ont en mémoire la vision du cirque d’Amiens (voir blog10/09/2011) dévasté par 2 bombes, éventrant la toiture et détruisant sa buvette ; mais ce n’est pas le seul tribut que la piste magique a dû payer aux belligérants. D’une manière générale pendant la guerre 14-18 la notion de spectacle est mal perçue car on ne peut accepter que certains s’amusent pendant que d’autres meurent sur le front. Cependant la production artistique n’est pas stoppée car, c’est aussi un moyen d’entretenir le moral de la population et du soldat en permission, aussi l’interdiction totale aurait été de courir à la catastrophe. ”Fermer les salles de spectacle aurait dit le général Gallieni, gouverneur de Paris, c’est déjà nous donner une attitude de vaincu“. Et c’est pourquoi à partir du mois de décembre quelques salles de spectacle rouvrirent leurs portes comme le Nouveau Cirque (voir blog08/12/2010). Cependant cette période pose beaucoup de problèmes aux cirques, car pour les besoins de l'armée leur matériel et leurs chevaux sont réquisitionnés, aussi bon nombre d’établissements s’arrêtent de fonctionner d’autant que l’on pensait que dans un mois au plus, tout serait fini, tant l’armée française semblait, du moins aux yeux de ses généraux, supérieure à la teutonne ! Les mois se succèdent aux mois et la plupart des cirques ne rouvriront leurs portes qu’après l’armistice. Monter un spectacle de cirque devient une entreprise délicate, car comment composer un programme quand les animaux manquent, les troupes acrobatiques disloquées, les artistes au front, ou expatriés en Amérique. Ainsi chez Pinder seuls 4 éléphants et ce qui reste de matériel est remisé dans un bâtiment agricole à Lavilledieu.

Autre exemple le cirque Lamy (voir blog04/04/2011) qui donnait un spectacle à Maubeuge, fit partie des sacrifiés. Les hommes partirent immédiatement rejoindre leur régiment, tel Pierre Lamy, qui dès ses 18 ans révolus s’engagea dans la cavalerie. Le reste du personnel et les lionnes furent évacuées, la réquisition n’épargna ni les chevaux qui faisait l’orgueil de la maison, ni le chapiteau, ni les écuries, ni les roulottes. La locomobile, (le cirque Lamy à cette époque déplaçait son matériel avec une locomotive routière), joua même un rôle héroïque au moment de la retraite en obstruant un pont. Quant à Adrienne Lamy, la sœur de Pierre, elle se recycla en conductrice de taxi, et en cette qualité elle participa à l’épopée des célèbres Taxis de la Marne.

Chez Amar par contre lorsque que le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France, Marie-Gabrielle Veuve Ben Amar et ses fils (Ahmed, Abdellah, Mustapha, Saïd, Ali et Schérif) partent se cacher on ne sait où, mais ce qui est sure c’est que tous disparurent. Et une fois l’amnistie dûment signé la veuve Ben Amar reprend sa place à la caisse contrôle et avec l’aide de ses fils, ”les plus jeunes dompteurs du monde“ selon la publicité de l’époque, fait repartir la ménagerie pour laquelle ont été achetés deux vieilles hyènes et trois lionceaux.

Si tous les cirques n’ont pas été à la même enseigne tous ont vu leurs biens ou leurs animaux plus ou moins prélevés par l’armée.A Paris le Cirque Medrano fermé un temps n’a rouvert que lors de la saison 1915-1916 avec au programme un groupe de clowns qui allait faire parler de lui les 3 frères Fratellini. Quant au Cirque d'hiver il n'a de cirque que le nom, car depuis 1907 il est transformé en cinéma de 1 600 places et 60 musiciens et les écuries transformées en bar et salles d'exposition. Et ce n'est qu'en 1923 qu'avec Gaston Desprez (voir blog25/03/2013) qu'il redeviendra l’établissement que nous connaissons.

Mais la guerre 14-18 n’a pas été la seule à toucher les Arts de la piste le second conflit mondial a aussi bouleversé le spectacle (voir blog03/09/2013) mais ceci est une autre histoire aurait pu dire Rudyard Kipling !

Le cirque pendant la grande guerre

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